Avant de jouer une note, l'instrument parle déjà. L'état du soufflet, l'alignement du clavier, la régularité des touches ou des boutons, les traces de choc, la tenue des courroies, l'état des coins — tout cela est lisible. Une belle finition ne garantit rien. À l'inverse, un instrument sobrement habillé peut se révéler sain, stable et musicalement très engageant.
À l'essai, il faut écouter la régularité de la réponse sur toute la tessiture, sentir la tenue du soufflet, repérer les notes tardives ou indécises, les déséquilibres entre registres, les bruits mécaniques parasites. Ces petites fatigues, discrètes dans un court essai, deviennent vite pesantes dans l'usage quotidien. Ce n'est pas seulement une question de panne visible : c'est ce qui fait qu'un instrument reste fiable, agréable et rassurant à jouer.